On imagine souvent qu'une marque naît d'une idée claire, d'un plan bien tracé. Pour moi, ça ne s'est pas passé comme ça. La Bohème Paris est née d'un désir longtemps mûri, puis d'un chemin fait de détours, jusqu'à ce que je comprenne ce que je voulais vraiment faire. Je vous raconte, parce que je crois que ces parcours en zigzag sont plus honnêtes que les belles histoires toutes lisses.

Me lancer, enfin

J'ai toujours été attirée par la création. Petite, je confectionnais déjà mes propres vêtements, mes bijoux, puis des jouets. L'envie de faire de mes mains ne m'a jamais quittée. Mais la vie a ses priorités, et j'ai longtemps remis ce désir à plus tard.

C'est à 44 ans que j'ai enfin décidé de me jeter dans l'aventure. La Bohème Paris est née pendant l'été 2012. Je le dis sans détour, parce que je sais que beaucoup hésitent : il n'est jamais trop tard pour commencer ce qui vous tient à cœur. Au contraire, je crois que toutes ces années passées à observer, à rêver et à patienter ont nourri ma manière de créer.

Une marque de bijoux, des collections par thèmes

À ses débuts, La Bohème Paris était une marque de bijoux fantaisie haut de gamme, entièrement faits main. Je travaillais les pierres fines et les cristaux de Swarovski, pour des pièces uniques et poétiques. Le crochet faisait déjà partie de mes techniques préférées : j'aimais marier les matières mates et naturelles à l'éclat du métal et des cristaux.

Je construisais mes collections par thèmes, en petites séries. Je m'inspirais de la vie de bohème, du voyage, des contes et légendes, parfois d'un poème de Baudelaire. Chaque collection avait son nom et son monde : les cinq Éléments, avec la Terre et l'Eau que je nommais Zemya et Voda, ou encore les Grigris de l'Est, en hommage à mes origines slaves. Cette idée de raconter une histoire dans chaque pièce ne m'a jamais quittée.

Les années salons

Pour faire connaître mon travail, je me suis lancée dans les salons. J'ai présenté mes collections au salon Bijhorca et au Who's Next, ces grands rendez-vous professionnels où les créateurs montrent leurs nouveautés aux boutiques et aux acheteurs. J'ai aussi exposé au Marché des Modes de Roubaix, avec les Maisons de Mode et au salon T-Mode à Paris. La presse spécialisée a commencé à parler de la marque.

J'y ai énormément appris, sur le commerce, la présentation, la rigueur. Mais ces salons fonctionnent selon une logique de volume : on y cherche des points de vente, on pense séries, saisons, tendances, on court après la prochaine nouveauté. Plus j'avançais, plus je sentais un écart se creuser entre cet univers-là et la raison pour laquelle je m'étais lancée.

Comprendre ce que je cherchais vraiment

Il n'y a pas eu de grand coup d'éclat, juste une lassitude qui s'installe. Avec le recul, je vois ces années comme des tentatives : j'essayais d'entrer dans un moule, de bâtir une marque selon des règles qui n'étaient pas tout à fait les miennes. Et plus je m'y appliquais, plus je passais mon temps à fabriquer ce qui se vendait et de moins en moins ce que j'aimais profondément.

Quand on crée, on le sait au fond de soi : le jour où le plaisir s'efface, il faut s'arrêter et se poser la vraie question. La mienne était simple. Est-ce que je voulais continuer à entrer dans des cases, ou retrouver la liberté qui m'avait poussée à créer ?

Revenir à mon essence

J'ai choisi de tout recentrer. Non plus sur ce qu'on attendait de moi, mais sur mon désir de liberté et de création. C'est de cette décision qu'est née La Bohème Paris telle que vous la connaissez aujourd'hui : des pièces entièrement faites main, colorées, fidèles à ce qui me touche vraiment, et façonnées à mon rythme dans mon atelier près de Chartres.

J'ai laissé de côté la logique de gros pour revenir à l'essentiel. J'ai aussi élargi mon travail : à côté des bijoux, je crée désormais des décorations, où le crochet, la broderie, les perles et la couleur prennent toute leur place. Des pièces comme le collier Bohème Lune ou la broche Papillon Vintage sont nées de cette liberté retrouvée. Et quand quelqu'un souhaite une pièce pensée rien que pour lui, je la réalise avec joie, sur commande sur-mesure.

Aujourd'hui, je n'ai plus l'impression de courir après quoi que ce soit. Je crée ce qui me ressemble, et je le partage. Si vous voulez en savoir plus sur ma démarche, vous pouvez aussi parcourir la page À propos.

La suite de l'histoire

Cette liberté se retrouve dans tout ce que je fais : dans ma manière d'utiliser la couleur, dans le temps que je passe au crochet et à la broderie, et dans les symboles que je glisse dans mes créations, comme les cœurs ex-voto. Chaque pièce est, à sa façon, un petit morceau de ce chemin.