La couleur, mon premier langage
La couleur n'est pas un detail dans mon travail, c'est le point de depart. Je vous raconte pourquoi je cree en teintes vives et comment l'inviter chez vous sans fausse note.

Quand je commence une nouvelle pièce, la couleur arrive toujours avant le reste. Avant la forme, avant la matière, avant même de savoir si ce sera un collier ou une décoration à suspendre. C'est elle qui donne le ton, au sens propre. Je ne l'ai pas décidé, c'est venu comme ça, et avec le temps j'ai arrêté de lutter contre cette évidence.
Je n'ai jamais eu peur de la couleur
On vit dans une époque qui aime le beige. Les intérieurs se ressemblent, les vitrines se ressemblent, et la couleur fait un peu peur, comme si elle manquait de sérieux. Je pense exactement l'inverse. Une teinte vive, posée au bon endroit, change l'humeur d'une pièce ou d'une tenue en une seconde. Elle attire l'œil et réveille tout le reste. Elle dit quelque chose de vous avant même que vous ayez parlé.
Dans mon atelier, je travaille rarement les demi-tons. J'aime les couleurs franches, celles qui assument. C'est aussi une manière de résister, à ma petite échelle, à l'uniformité ambiante. Une création colorée, c'est un petit acte de joie qu'on s'autorise.
Ce que les couleurs racontent
Je ne crois pas aux règles strictes sur les couleurs, mais j'observe leurs effets depuis des années. Les jaunes et les oranges réchauffent : ils donnent de l'énergie et un côté solaire à une pièce. Les rouges et les roses parlent au cœur, ils osent, ils ne passent jamais inaperçus. Les bleus et les verts, eux, apaisent et laissent respirer le regard.
Mais le vrai plaisir n'est pas dans une couleur seule. Il est dans la rencontre de deux ou trois teintes qui, sur le papier, ne devraient pas aller ensemble, et qui finissent par fonctionner à merveille. C'est ce dialogue que je cherche dans chaque pièce, comme dans mes boucles Feuilles d'Automne, où les tons chauds se répondent sans jamais se concurrencer. Un bijou coloré n'a pas besoin d'être criard pour exister ; il lui faut juste la bonne note, au bon endroit.
Un héritage venu d'ailleurs
Une grande part de mon goût pour la couleur me vient de l'esthétique mexicaine et, plus largement, des cultures latines. Là-bas, la couleur n'est ni un luxe ni un caprice : elle fait partie du quotidien. On la retrouve sur les murs, dans les marchés, sur les vêtements, dans les fêtes. Rien n'est gris par défaut, et la vie semble s'en porter mieux.
Ce que j'aime dans cette approche, c'est qu'elle relie la couleur à la joie et au symbole, jamais à la simple décoration. Une teinte y porte un sens, une intention, parfois une prière. C'est cet esprit-là que j'essaie de faire passer dans mon travail, et que je raconte aussi à travers les cœurs ex-voto et leurs inspirations latines et slaves.
Comment oser la couleur chez vous
Si la couleur vous intimide, rassurez-vous : inutile de tout repeindre. On peut l'apprivoiser tout doucement. Voici ce que je conseille le plus souvent.
- Commencez par un seul objet fort. Un coussin brodé de fleurs sauvages posé sur un canapé neutre suffit à transformer un salon.
- Gardez un fond sobre et laissez la couleur faire l'accent. Le contraste rend la teinte vive encore plus belle.
- Fiez-vous à ce qui vous attire spontanément, pas aux nuanciers à la mode. Une couleur qui vous rend joyeuse sera toujours la bonne pour vous.
- Osez le dépareillé. Deux ou trois pièces colorées qui se répondent valent mieux qu'un ensemble trop sage et oubliable.
Vous trouverez d'autres idées en parcourant mes décorations faites main, pensées justement pour apporter cette touche de couleur sans jamais en faire trop.
La couleur, et après ?
La couleur n'est que le commencement. Derrière chaque pièce, il y a une matière et un geste, le plus souvent le crochet ou la broderie. Si le sujet vous parle, je vous en dis plus dans mon article sur le crochet et la broderie. Et si vous voulez comprendre d'où vient tout cela, l'histoire de La Bohème Paris raconte le chemin qui m'a menée jusqu'ici.


